Village de Revel-Belledonne

Alerte feux de jardins

samedi 7 février 2009

Le sujet de la pollution générée par les feux de déchets végétaux a été mainte fois abordée dans le Revel Dialogue avec notamment des extraits d’études scientifiques. Les vertus "purificatrices" du feux étant solidement implantées dans la traditions de nos campagnes, il n’est pas inutile de renforcer le propos par un article de JF Noblet dont l’avis fait autorité dans le monde de la protection de l’environnement.

"Qui n’a pas brulé au fond du jardin des broussailles ou des déchets d’élagage sans se poser de questions ? Cette pratique très commune mérite réflexion. En effet le commun des mortels pense que le bois et les végétaux étant des éléments naturels, leur combustion sur place, doit être le moyen le plus écologique pour se débarrasser de ces déchets.
Or, il nous faut bien admettre aujourd’hui que ce n’est pas le cas , bien au contraire.

Rien ne se perd , rien ne se crée. La combustion de végétaux produit deux grandes familles de problèmes : tout d’abord une série de polluants généralement gazeux. Nous citerons les Composés Organiques Volatils (COV), les Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP), du gaz carbonique et des imbrulés solides(Goudrons, suies).

Ensuite toute une série de poussières et de particules fines dont la taille peut être inférieure à 10 ou 2,5 ou 1 micron. (dénommées respectivement PM10 ,PM2,5 et PM1). Longtemps négligées ces particules ont été plus étudiées à cause des moteurs diesel. Aujourd’hui on sait qu’elles sont très nocives, qu’elle pénètrent dans les poumons et la sang. Chacun de nous a besoin de 15000 litres d’air chaque jour et nous disposons de 300 000 alvéoles pulmonaires exposées à cette pollution insidieuse.

La combustion du bois représente 16% des poussières émises en Suisse dont 50% proviennent du chauffage et 50% des feux de broussailles.

Un feu de jardin émet jusqu’à 5000mg/m3 de particules alors qu’une cheminée ouverte dans une maison en produit 400mg/m3 et qu’une chaudière à bois bien réglée et de catégorie A seulement 20mg/m3.

Le bois est donc responsable de 77% des HAP émis en France et on sait que la pollution de l’air tue 2800 personnes par an en France. Un seul feu de 50 kg de déchets végétaux produit autant de particules qu’un véhicule diesel faisant un parcours de 8500 km et à 4 mois et demi du chauffage d’un pavillon.

Dans ces conditions il convient tout d’abord de respecter les textes réglementaires. Les arrêtés sanitaires départementaux interdisent le brulage des déchets et de nombreux départements français, tels l’Isère ont fait l’objet d’un arrêté préfectoral spécifique interdisant les feux de jardin.
Il nous faut donc alerter les gestionnaires de sites naturels, les bucherons, les employés qui gèrent des espaces verts ou les bords de voirie, ainsi que les jardiniers sur les risques encourus quand ils mettent le feu sur des déchets végétaux.

Ensuite il faut encourager le recyclage sur place par broyage et compostage ou stockage en tas, ce qui fait d’excellents gites pour la faune sauvage. Il est possible de transporter ces végétaux dans une déchetterie qui en fera du compost. Un feu de 50 kg de végétaux est 400 fois plus polluant que le transport à celle qui est la plus éloignée. On peut conseiller l’achat de broyeur collectif dans une copropriété, une association ou une commune avec l’organisation de tournée dans les quartiers.

En dernier recours on demandera une dérogation au préfet et on brulera les végétaux bien secs (Plusieurs mois de séchage sous abri) sans utiliser d’hydrocarbures ou de vieux pneus. Plus la combustion sera courte et à haute température mieux ce sera pour limiter la pollution."

JF Noblet, ecologienoblet.free.fr


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