samedi 5 février 2011
La moto est bien mal aimée, surtout dans notre région où être « randonneur à moto » frise le banditisme ! Pourtant randonner à moto en parcourant 150kms par jour avec 4Litres de carburant c’est ce que consomme la voiture d’un Revelois qui travaille dans la vallée et 2 fois moins que la consommation quotidienne de celui qui se chauffe au fuel !
La moto « verte » d’aujourd’hui n’est pas la moto « cross » pétaradante ou le quad sauvage dont on a retiré les échappements pour aller rugir dans les prairies, les forêts et les montagnes. C’est un engin silencieux qui ne consomme guère plus de 2L/100.
Le motard « vert » n’est pas forcément l’imbécile bruyant qui va saccager les champs cultivés, effrayer les troupeaux ou descendre des chemins de randonnée en trombe à grands coups de gaz et de bottes jusqu’à faire voler les pierres sur les randonneurs.
Ce petit message donc pour revaloriser un peu ce moyen extraordinaire de visiter une région par les chemins appropriés. L’agence de tourisme pour laquelle je travaille propose une traversée délicieuse de la France profonde en moto (de Deauville à St Tropez en 7 jours pour tous ceux qui savent faire du vélo et que les odeurs de bouse ne dérangent pas !). On y fait des rencontres riches et chaleureuses de gens (principalement cultivateurs et éleveurs mais aussi petits commerçants, médecins, instituteurs et artisans de campagne, etc…) qui sont très heureux de partager un moment de leur quotidien (et souvent aussi leurs produits locaux !) avec ces touristes casqués un peu inhabituels. Ils sont unanimes à nous demander de revenir les voir (et rompre leur solitude pour certains), d’emprunter les chemins de leur commune qu’ils se désolent de voir peu à peu disparaître étouffés sous une végétation pauvre. Une occasion charmante de découvrir des départements méconnus (Calvados, Orne, Sarthe, Indre, Creuse, Cantal, haute Loire, Ardèche…), une population dont les valeurs et les préoccupations sont souvent bien différentes des nôtres, des paysages paisibles et sauvages, marais, lacs, fleuves, ruisseaux, rivières, torrents, forêts, troupeaux, moulins, châteaux,…
Le qualificatif « verte » est certes abusif mais le « trail » est une alternative intéressante pour réduire notre empreinte écologique de loisir avec un impact humain positif : nul besoin d’autoroute ni même de goudron ou de grosse berline pour passer de bonnes vacances en France. Une pollution, certes, mais bien moindre que bien d’autres activités comme les sports d’hiver, par exemple, que nous sommes si nombreux à pratiquer.
La moto (ou le scooter) est le moyen de transport principal dans de nombreux pays du monde (Vietnam, Mongolie, Bali,…). La moto ne roule jamais « à vide » et même souvent à 2 (voire 3 ou 4 passagers dans certains pays !), les modèles « raisonnables » consomment 3 à 4 fois moins qu’une voiture et 20 fois moins qu’un car, l’empreinte écologique de sa construction et de sa destruction est faible par rapport à la voiture. Malheureusement elle est dangereuse sur nos routes à grande circulation et dans nos villes où rien n’est vraiment prévu pour favoriser le déplacement des 2-roues en général. Au contraire, la prolifération des automobiles et des camions, l’augmentation des déplacements en tous genres et de nombreux « pièges » modernes sont mortels pour les motards.
Un certain « intégrisme » écologique fait beaucoup de tort à l’écologie « raisonnable » et réfléchie en faisant finalement le jeu des lobbies économiques (je conçois qu’il soit préférable de consommer de la voiture française plutôt que de la moto autrichienne mais il faut être clair sur l’objectif purement économique !) . Dans ce domaine comme dans bien d’autres réfléchissons avant de défendre des clichés douteux ! Faites bon accueil aux motards respectueux de votre environnement et de votre tranquillité et tentez de convertir les imbéciles qu’ils soient à pied, à cheval, en voiture ou à moto !

L’association « codever » (www.codever.fr) sensibilise les usagers au respect de la nature et à la cohabitation intelligente des différentes formes de loisir dont les empreintes écologiques globales sont souvent injustement évaluées.
Je propose un « atelier citoyen » sur ce thème avec ceux qui le souhaitent.